Etre photographe au 21ème siècle
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En 1826 (ou 1827), Joseph Nicéphore Niépce récupère et améliore un procédé existant ou il faut plusieurs heures pour obtenir un cliché (une reproduction figée de la réalité). Grâce à son système, il ne faut plus que quelques dizaines de minutes.

Etat des lieux

De nos jours, rares sont les personnes qui n’ont pas le moyen de figer notre dimension de l’espace-temps grâce aux APN (Appareil Photo Numérique) et ce parfois, en une fraction de seconde :
– boite en plastique (ici-même)
– téléphone (si le vôtre ne fait pas de photo vous possédez une antiquité)
– appareil compact (en générale, ils ne font pas téléphone, quelle injustice)
– bridge (un appareil de type réflex dont on ne peut changer l’optique… encore que)
– reflex (réglages automatiques ou entièrement manuel et optiques interchangeables)

Aujourd’hui, dès notre plus jeune âge, nous avons des facilités déconcertantes pour sauvegarder un sourire, un monument ou un but du PSG LOSC (faut pas déconner !). Les qualités sont certes très variées, mais le fait est là, nous sommes désormais tous des photographes en herbes.
D’ailleurs la presse ne s’y trompe pas et l’on voit fleurir de nouveaux magazines sur le thème de la manipulation des images numériques (j’en reparle en fin d’article).

Apprendre à faire de la photo donc, est facile d’accès.

Cependant, avant de vous lancer dans des achats inconsidérés de matériels dernier cri, demandez-vous si vous avez poussé votre matériel actuel (téléphone ou compact) dans ces derniers retranchements ?

Une photo d'un tunnel de métro prise avec un compact
Galerie Speed Photos
Même avec votre compact, vous pouvez faire des choses intéressantes. On se rend compte rapidement qu’il ne sait pas s’adapter à certaines situations. Lorsqu’il fait sombre par exemple, certains APN sont tellement lents à réagir qu’on a forcément des flous. Si votre appareil n’est pas assez rapide ou ne capte pas assez de lumière, vous ne pourrez pas les éliminer… les flous (et plus il y a de flous, plus on rit). Cependant vous pourrez le « faire exprès » (cf image de gauche dans un tunnel de métro).

 

Faire de la photo finalement c’est quoi ?

– D’abord selon moi, c’est une question d’œil, de sens de l’observation (ça se travaille),
– ensuite c’est une question de chance (il faut être au bon endroit au bon moment),
– et c’est dans un troisième temps seulement (à mon humble avis) que la technique vient à votre secours. En effet l’application de certaines règles permet d’obtenir des images plus agréables à regarder,
– … ensuite seulement, le matériel entre en jeu.

Le sens de l’observation

Il vous permettra de voir ce que d’autres n’auront pas vu. Pour commencer à faire des photos différentes des autres, il faut commencer par ne plus marcher en regardant par terre (mais parfois si). Vous raterez de superbes architectures, des balcons étonnants (j’ai déjà vu des vaches sur un balcon… sans rire), des nuages torturés qui n’attendent que vous et des personnes dont la façon vestimentaire mérite un cliché.

Sachez également que l’oeil (donc le cerveau… donc nous en fait) apprécie les répétitions, les lignes, les courbes et les formes simples (une rampe d’escalier, une toiture, une rangée de réverbères, etc.).

Plus vous ferez attention à votre environnement, plus vous verrez des choses que ne voient pas « les autres » (et plus on regarde son environnement, plus on a envie de le préserver… je dis ça, je dis rien.).

Un banc par exemple pourra sembler anodin pris sous un certain angle, mais il prendra toute sa place dans votre cadre s’il est photographié en contre jour, ou si vous le prenez en vous allongeant au sol à quelques mètres de là.

La chance

Elle est capricieuse. Il vous faudra être rapide pour capter ces instants fugaces qui n’attendent pas d’être pris en photo pour disparaitre à jamais. Pour défier la chance, une seule solution, avoir votre appareil sur vous quelque soit votre destination.

La technique

Et puis, lorsque vous êtes sur le point de capturer un bout du monde, plusieurs choses vous permettront d’obtenir la photo que ne fera pas le voisin : votre oeil et votre technique.

La règle des tiersJ’entend par « votre œil », votre façon d’organiser les éléments qui se trouve dans votre viseur, votre point de vue très personnel de l’évènement et l’angle avec lequel vous allez décider de « shooter ». Pour que cela soit agréable, la fameuse technique des tiers peut vous être très utile. Elle consiste à découper votre viseur en 3 colonnes et 3 lignes égales (en tiers quoi ^_^). Cela vous donnera 4 intersections et 9 zones (voir photo). Je ne vais pas rentrer dans le détail du pourquoi, d’autres sites feront ça mieux que moi, mais sachez que le cerveau apprécie d’avantage une photo lorsque le sujet se trouve sur une des 4 intersections ou dans une des 9 zones précitées.

ATTENTION : Cette règle doit vous « aider » à composer votre image. Elle ne doit pas vous obliger à quoi que se soit. La photo est un art, pas un carcan gravé dans le marbre à suivre à la lettre. Vous remarquerez d’ailleurs que j’ai choisi un sujet photo – les melons – ou la règle des tiers est présente, mais n’est cependant pas appliquée à l’extrême. Bien sûr, on peut penser qu’il n’y a pas 15 000 façons de cadrer un visage, c’est sans doute vrai pour nous, amateurs. Mais un artiste trouvera LE cadrage et LA composition qui le démarqueront des autres (la composition incluant la ou les lumières, donc les ombres, les éléments autour du modèle, les couleurs, etc.).

Cette règle des tiers n’est bien sûr pas la seule et vous trouverez tout ce qu’il vous faut savoir chez les « amateurs professionnels » :
Les didacticiels de Virus Photo
Les astuces de Virus Photo
Photo Astuces Technique Images En France.fr
Cours Photophiles.com
Grenault.net

Le matériel

Ensuite, il y a le matériel. Il est clair que quand on commence à vouloir faire mieux qu’un téléphone, il faut mettre un peu d’argent de côté. Je ne peux pas trop vous conseiller parce que je ne suis pas un commercial de chez Canon, mais le matériel que j’ai acquis au fil des mois me suffit amplement pour faire des choses assez sympa (j’ai choisi Pentax pour son prix).

L’historique de mes achats s’est décomposé comme suit (suivez les couleurs) :
– un boitier Pentax, équipé de l’objectif 18/55 IIf/3.5, 5.6
– puis, plus tard, un 50mmf/1.4, Pentax également
– et dernièrement (cadeau), un Sigma 18/200f/3.5, 6.3

18, 55, 3.5, 5.6, 50, 200… Ca veut dire quoi tout ces chiffres ?

18/55 II, ça veut dire en gros que dans l’objectif nommé « 18/55 », l’espacement entre les lentilles peut aller de 18 à 55mm (II c’est la version du constructeur et je ne m’y attarderai pas).
Ca sert à quoi ? Et bien plus les lentilles sont proches, plus le champ de vision est large. Donc à 18mm vous pouvez faire de joli panoramique alors qu’à 55mm vous verrez à peu près comme avec votre oeil en mettant vos mains en œillère de chaque côté de vos yeux (comme pour les cheveux).

Donc avec le 18/200, vous pouvez faire les mêmes panoramiques qu’avec le 18/55 (puisqu’on a un écartement de 18mm dans les deux cas), mais en plus vous pouvez zoomer jusqu’à agrandir 2x votre sujet (idéal par exemple, pour faire des portraits sans coller votre objectif sur le visage du modèle)

f/3.5, 5.6, ils veulent dire quoi ceux là. C’est un petit peu compliqué, mais on va essayer de faire simple. Et pour faire simple, il faut comparer un objectif avec un oeil.

Le point noir qu’on a au centre de l’oeil s’appelle la pupille. Vous pouvez jouer avec comme ceci :
– regardez votre oeil dans un miroir
– avec une lampe torche éclairez votre oeil (pas trop longtemps), puis ne l’éclairez plus
Que se passe-t-il ?
La pupille s’agrandit quand elle manque de lumière ou se contracte lorsqu’elle en est saturée… pratique non ? En fait, ça nous évite de devenir aveugle à chaque fois qu’on est sous une lumière vive. Mais elle a un petit défaut : elle ne peut pas se fermer complètement. Pour palier à ce problème (et à celui de l’assèchement), nous avons les paupières qui elles, permettent de masquer totalement la pupille.

Quand vous gardez les yeux ouverts longtemps, tout ce qu’il se passe, c’est que vous finissez par avoir les yeux qui pleurent (parce que vous n’avez pas fermé les paupières et l’oeil s’est asséché). La lumière est « dosée » (sans doute par le travail conjugué de l’oeil et du cerveau) pour ne pas vous griller la rétine… à moins que vous ne regardiez le soleil.
Si nos yeux fonctionnaient comme une pellicule photo, en gardant les paupières ouvertes, au bout d’un moment la lumière aurait envahie l’ensemble de la rétine et nous verrions tout blanc… et accessoirement, nous deviendrions aveugle non-voyant déficient visuel.

Dans un appareil photo, on peut donc capter toute la lumière que l’on veut, mais justement, on ne veut pas forcément (qui voudrait d’une photo toute blanche). Donc pour doser la lumière qui passe par l’objectif, on l’empêche d’entrer trop longtemps en ouvrant fortement ou non la pupille de notre objectif. Pour mesurer cette « ouverture dosée » on dit que l’on divise la lumière (on dit que la valeur d’une lumière totale est égale à 1).
Donc plus vous divisez la lumière, plus votre photo sera sombre (c’est logique non ?). Dans l’exemple du 18/55 – f/3.5, 5.6 qui nous occupe, lorsqu’on choisi de photographier au 18mm on divise la lumière par 3.5 alors qu’en position 55mm on la divisera par 5.6. C’est plus clair lumineux compréhensible pour vous ?

Du coup, la question qu’on pouvait se poser en voyant que j’avais acheté un 50mm et qui aurait pu être :

Ca sert à quoi d’avoir un 50mm ? Puisque l’objectif peut passer de 18 à 55mm, on à accès à du 50mm. Pourquoi acheter un objectif pareil, qui en plus ne peut même pas zoomer ?

Tout d’abord vous aurez remarqué que je ne parle que d’un seul chiffre : 50. Cela signifie que c’est une focale fixe. Il n’y a pas de zoom. Si vous voulez zoomer sur votre sujet, il faudra utiliser un vieux truc de photographe : vous avancer.

Donc non seulement on ne peut pas zoomer, mais en plus on a déjà un 50mm, alors pourquoi ? Tout simplement, parce que la lumière y est meilleure (d’ailleurs le chiffre de 1.4 qui l’accompagne aurait du vous mettre sur la voie). On dit que l’objectif est « lumineux ». La lumière n’est divisée QUE par 1.4 au lieu de 5.6. Les modèles vont pouvoir être moins éclairés (lampe de chevet, bougie). Et grâce à cette lumière, on va même pouvoir accélérer la vitesse de l’obturateur et ainsi pouvoir figer des mouvements très rapides (idéal pour moi dans le cadre des prises de vues sportives pour mon magazine Masterfight.net).

Aïe, j’en vois qui grimace. Je vais trop vite ?

Ben oui, c’est quoi un obturateur et quel rapport avec la vitesse ?

Si l’on reprend le parallèle entre l’objectif et l’oeil, l’obturateur, c’est la paupière de l’objectif qui s’ouvre et qui se ferme à des vitesses variables, mais surtout réglables. En l’occurrence, mon appareil peut s’ouvrir 30 secondes d’affilées (pose longue), ou ne rester ouvert que pendant 1/4000ème de seconde(ultra rapide).

Pour qu’une photo soit nette, il faut que la lumière entrante soit suffisante pour figer le mouvement du modèle à photographier. Si le sujet est un vase, vous pouvez l’éclairer à la bougie et le prendre en pose longue sur un pied (un trépied pour fixer votre appareil), ça ne posera pas de soucis. Cela ne posera pas de soucis non plus de prendre un karateka qui fait un coup de pied dans une salle éclairer avec des spots puissants.

La retouche photo et ses outils

Bien sûr, tout le monde n’a pas l’œil parfait (ou le temps de régler correctement son appareil avant le déclenchement) et nous ne sommes plus à cette époque reculée ou le déclenchement de l’appareil n’était que très peu modifiable. Depuis quelques années maintenant, et grâce à l’avènement du numérique, il est possible grâce à un ordinateur de corriger son manque de pratique ou d’affiner une photo déjà réussie.

Parmi les outils à notre disposition, Photoshop et Lightroom sont les plus connus, mais aussi les plus chers, même s’ils sont absolument formidables d’efficacité.
Les challengers sont nombreux et s’appellent The Gimp, Photofiltre. Presque aussi puissant mais gratuit, vous trouverez des didacticiels très nombreux sur Abc du Gimp.

Voici aussi une liste de 15 alternatives à Photoshop.

S’inspirer des autres, apprendre la photo

Pour l’inspiration, rien de mieux que d’observer le travail de photographes talentueux et de parcourir les meilleurs sites du moment dans ce domaine.
Martin Liebscher
David Lachapelle.

Les magazines photos online
Visura Magazine
100 Eyes
See Saw
Purpose (attention musique)
Plateform Mag
Deep Sleep
Consultez une liste de 30 magazines photos sur le site Virus Photo.

Les forums et sites de photos
Virus Photo
Parlons Photo
Absolut Photo
Wikipedia

Pour vous aider à choisir du matériel ou obtenir des trucs de pro, ily a les magazines papiers :
PhotoTech
PhotoCoach
Chasseur d’Image
Photo


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4 Comments

  1. g6jc

    La technique en 3e position ? je suis pas d’accord, c’est comme dire à un écrivain qu’on peut faire de très bon livre sans connaître l’orthographe, la grammaire et la syntaxe française…
    Je pense qu’effectivement il faut un oeil, un peu de hasard, et il faut connaître techniquement son appareil.

    Quand je vois, en concert, les tofeurs qui viennent me voir en me disant : « ouais, alors, t’as fait de belles photos ? bon, c’est pas facile ici avec le peu de lumières… ah ouais, tu n’utilises pas le flash, mais c’est moche sans flash, on voit rien… » et quand je montre mes photos « Ah quand même… ah…. mais on n’a pas le même matos… » Ouais, j’ai un réflex, pourtant bas de gamme…
    C’est sûr j’ai pas un bridge ou un compact…
    Et qu’ils me montrent tout fier leurs plans surex « grâce » au flash… moi là, je me dis y’a un problème d’oeil, de technique et de conscience du boulot de photographe. Parce qu’il faut du travail.

    Perso, j’ai 10ans derrière mois en photo live et les gens que je croise en concert on l’air de croire que tout vient tout seul.
    Concrètement sans cette technique, le cliché n’aura si sens ni émotions… Pour moi : technique (matériel + oeil), observer différemment, seulement la chance… et encore… je dirai que même sans avoir de chance (j’en ai pas en général), on peut trouver à tout un angle intéressant pour faire une photo réussie ;)

    En fait, je sais pas si c’est de la prétention ou le fait que l’opinion de ces gens sur la photo « le matos fait tout » qui fait que je réagis vivement… enfin, je suis polie ^^ je réponds juste « j’aime pas le flash » ^^

    La fin de ton article est très pédagogique : Bravo !!! les explications pour les lentilles et l’ouverture du diaphragme sont vraiment chouettes…

    Et je vois que tu es un amateur de Pentax :)) idem ^^

  2. Pingback: Gilles AubinClones Game : les bases du photo-montage | Gilles Aubin

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