« Jacob et le génie » – 1ère partie
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Cette nouvelle pourrait être la partie zéro de « Entretien avec un génie » rédigée plus tôt, mais je ne suis pas sûr.

La rencontre

Sous un Soleil de plomb, en pleine mer, je flotte.

Comme sur un radeau, sous le vol des mouettes, je m’ennuie.

Je me nomme Jacob « Jambes courtes ». Je ne porte pas ce nom parce que j’ai des membres inférieurs réduits, mais parce que mes camarades me battaient toujours à la course. J’ai été élevé dans une maison où j’appelais tous les enfants présents mes « frères et sœurs » sans vraiment savoir si nous avions réellement un lien de parenté. Mes « parents » n’eurent jamais la moindre attention affectueuse envers moi et pour cause, j’appris à mon adolescence qu’ils faisaient partie de la guilde des voleurs du pays et que je leur avait été confié vers mes 6 ans. Mes parents biologiques m’avaient vraisemblablement vendu pour quelque argent afin de sortir temporairement de leurs misères.

Une fois dans cette guilde, les enfants comme moi sont formés à divers métiers : certains deviennent des mendiants estropiés, d’autres des voleurs, d’autres encore deviennent des assassins… pour les rares « talentueux ». Je suis pour ma part devenu voleur. Un peu sournois et sans aucune attache, j’ai rapidement développé un certain « doigté » pour les finances d’autrui. Vif et silencieux, je ne m’encombre pas de scrupules inutiles.
Après tout, si je peux accéder à votre bourse, c’est que vous n’y tenez pas vraiment.

J’ai pas mal roulé ma bosse à travers le pays, dépensant rapidement l’argent gagné avant que la guilde ne prélève ses trop gros intérêts. A une époque, j’ai même eu une femme et des enfants. Ma femme n’a jamais compris l’intérêt de se faire payer quand je la collais dans les bras de riches usuriers et mes enfants ne me rapportèrent jamais suffisamment pour les nourrir… même avec une jambe cassée. J’ai donc décidé de me séparer du lot, 2 ans après la naissance des enfants, dans un bordel de la capitale.
On ne m’y reprendra plus !

Cependant ma vie bascula réellement le jour ou je traquais une « cliente » potentielle.
Je suivis cette jeune femme, seule, dans une ruelle sombre… que du bonheur. Elle tenait une bouteille à la main et venait probablement de jeter une cigarette car une légère fumée s’élevait du sol à côté d’elle. M’approchant discrètement je l’assommais net. Mais au moment de la dépouiller de ses biens et de sa… vertu, dans la foulée, je vis un vieil homme près de moi que je n’avais pas remarqué quelques secondes plus tôt.

jacob_le-genieCe dernier, vêtu d’une lourde robe de velours d’un bleu profond, ressemblait à un forain. Son visage fin et basané était fortement ridée. Sa peau foncée permettait à sa fine moustache noire et tombante ainsi qu’à son bouc en pointe de s’affirmer pleinement. Il vit la jeune femme inconsciente au sol et me regarda longuement les yeux plissés, lissant sa barbichette. Puis, songeur, il regarda la bouteille qui gisait près d’elle. Sur l’instant, je cru qu’il s’apprêtait à me donner une leçon comme cela m’arrivait quelques fois les jours de malchance, mais il s’assit près du flacon vide et resta là sans bouger. Voyant qu’il ne réagissait pas, je compris que j’avais affaire à un benêt, et me mis en devoir d’appliquer une fouille « minutieuse » à la dame. Après l’avoir dépossédée de ses quelques biens, j’allais me soulager entre les reins de l’endormie, quand je me rappelais l’idiot assis près de moi. Je me rhabillais donc quelque peu frustré (on peut être sans scrupules et un peu pudique quand même… non ?).
Également doté d’un certain sens pratique, je ramassais la bouteille sous le nez du débile. Elle ne manquait pas d’un certain cachet et je devais pouvoir en tirer quelques pièces, même vide comme c’était le cas.

Quelques mètres plus loin je remarquais que le benêt, décidé à bouger s’était mis en tête de me suivre, et alors que je me retournais pour le faire fuir, il pris la parole :
– En ramassant cette bouteille, dit-il lentement, tu en es devenu le propriétaire. En devenant le propriétaire de la bouteille, tu es devenu mon maître, ajouta-t-il un sourire au coin des lèvres.
Je suis un génie maître Jacob et je vais réaliser 3 de tes souhaits les plus chers.
– Puis tu me rendras un service, ajouta-t-il pour finir en souriant.

Lire la seconde partie de Jacob et le génie


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