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  • Et l’homme ne fut pas !

    Et l’homme ne fut pas !

    Éclairée par le soleil levant, une plaine d’herbe verte et lumineuse s’étend devant vous, gonflée par endroits de quelques monticules fleuris. Elle est parcourue des frémissements du vent matinal de cette nouvelle journée. Cette moquette végétale est parsemée de pâquerettes dodelinant de la tête. L’astre du jour dans un ciel bleu sans nuage, darde ses rayons sur vos cheveux blancs et soyeux. Une multitude d’animaux en tout genre gambade joyeusement.

    Debout devant l’entrée de votre grotte, vous regardez ce spectacle frais et bucolique tandis qu’un troupeau de minuscules chevaux sauvages vous passe entre les sandales. Un brachiosaure au loin vous observe, une certaine bienveillance dans le regard, tandis que plusieurs de ses congénères broutent paisiblement les feuilles si délicates de ces arbres qu’ils affectionnent. Des oiseaux multicolores vous saluent de leurs sifflements mélodieux. Oui, vous les comprenez et ils vous remercient tous d’être là, d’exister.

    La brise légère et fraîche caresse vos oreilles. En cette heure matinale, ce souffle léger fait remonter dans votre estime la chaleur tremblotante des torches de l’antre où vous avez élu domicile.

    L’habitat qui semble avoir été creusé et que vous avez choisi pour passer la saison n’est pas très spacieux. Il laisse cependant suffisamment de place pour votre literie douillette et votre espace de création. Vous avez trouvé dans un recoin, la place pour poser votre établi et vos blocs d’argile. Ce dernier lieu se trouve bien sûr loin du vent de l’extérieur, car et c’est primordial, seul votre souffle doit envelopper vos modelages. C’est d’ailleurs un passe-temps si ancré en vous, que sans y penser vraiment vous retrouvez un morceau de cette terre malléable dans vos mains, à subir quelques pressions de vos gestes habiles. Une forme animale vient rapidement remplacer celle, chaotique qui était posée sur l’établi il y a encore quelques secondes.

    Un membre, deux, trois puis quatre. Pourquoi pas un cou et des cheveux… ah mince, vous réalisez que c’est encore un cheval qui se matérialise entre vos doigts. Vous adorez cet animal si gracieux. Mais qu’à cela ne tienne, vous prolongez son torse à la place du cou, puis deux membres supplémentaires de part et d’autres, sans oublier sa tête, son système respiratoire, nerveux, sanguin. Là ! Voilà. Elle est prête. La portant à vos lèvres, vous soufflez avec amour sur cette nouvelle créature.

    Doucement, la matière délicatement travaillée est entourée d’une myriade d’étoiles tandis que des tressaillements la parcourent. Vous posez cette nouvelle créature que vous nommez «Centaure», avec précaution sur le sol. Elle vous observe un instant en inclinant la tête sur le côté, plie une jambe et vous salue d’une révérence avant de s’éloigner en trottant. Elle bat maintenant des mains pour attirer l’attention de ses nouveaux camarades. Le comportement de la créature vous intrigue. Princier et joueur, il s’est mêlé aux autres avec une telle facilité que… et si ?

    Après avoir lissé votre moustache, c’est une autre poignée d’argile que vous malaxez maintenant, et une nouvelle vie s’anime à nouveau. Mais vous n’êtes pas satisfait et les êtres se succèdent : tantôt rampants, tantôt volants mais pas assez… ou trop…

    Puis c’est l’éclair de génie, la pensée qui change tout.

    Un autre morceau de cette terre si spéciale est déjà pétrie entre vos doigts et sous vos actions expertes, elle se transforme en quelques instants. La créature que vous inspire le centaure est d’une forme que vous n’avez encore jamais tentée.

    Ce sera un bipède cette fois. Forme que vous n’aviez tenté que pour les oiseaux jusqu’à présent.

    Vous le définissez comme un lémurien mais avec des yeux plus fins. Vous le dotez d’une peau similaire à celle des dauphins afin qu’il soit à l’aise sur terre et dans l’eau. Cette fois donc, vous privilégiez la station debout. Vous allez aussi essayer de lui donner un peu plus d’esprit que les autres… pour voir. Tout en soufflant doucement sur sa tête, plutôt que sur l’ensemble de son corps, comme pour les autres, vous tentez de lui insuffler une part de votre esprit, mais pas trop. C’est juste pour voir.

    Lorsque le scintillement se dissipe, elle commence à s’animer et une chose vous choque là, tout de suite : elle s’observe elle-même, se détaille de pied en cape. Vous la posez alors au bord de l’établi où elle s’assoit en vous regardant, d’un air amusé.
    – Salut, dit-elle. Tu es qui toi ?

    Surpris par cette interpellation, vos créatures n’ont jamais parlé, vous répondez un peu décontenancé :
    – Je ne sais pas, que veux-tu dire ? Je suis surpris, tu t’exprimes plutôt bien.
    – Ça me ravi de l’entendre je dois dire. Tu fais quoi là ? vous demande-t-elle.
    – Je m’adonne à mon passe-temps favori, le modelage. J’anime de l’argile que je façonne de diverses manières.
    – Suis-je aussi de l’argile ? dit-elle en vous tendant ses mains.
    – Oui.
    – Tu veux dire que c’est à toi que je dois d’exister ? D’être là !
    – Bien sûr, toi et tous les autres. Je vais te montrer, lui dites-vous en saisissant un bout d’argile.

    Tout en la surveillant d’un œil, et plutôt amusé d’avoir quelqu’un à qui parler, vous formez rapidement un oiseau que vous animez. Celui-ci s’envole, déployant ses petites ailes rougeoyantes en vous sifflant ses remerciements.

    Les yeux écarquillés, la petite créature parlante est maintenant debout. Curieusement, elle vous semble un peu plus grande que tout à l’heure. Elle sautille près de vous :
    – Ça a l’air facile, je veux essayer, dit-elle en se rapprochant de vous. Je parie que je fais mieux que toi du premier coup.

    Vous n’avez pas le temps de refuser ou d’écarter les tas de matière première, que la créature extrait un petit morceau de votre « terre de vie » et commence son ouvrage. Vous la laissez faire, curieux de voir le résultat. Elle s’active, tire, tord, malaxe, enfonce, appuie pour obtenir au final une forme… sans forme. Malgré vos protestations et vos conseils, la voilà qui, comme vous, souffle sur sa réalisation comme vous le faites habituellement. L’être qui s’anime ne peut bien évidemment pas se tenir debout car le centre de gravité n’est pas au bon endroit et les points d’appui sont trop différents. Les yeux ne sont pas finis et ses cris sont plaintifs.

    C’est la première fois que vous assistez à ce spectacle et l’attitude de cette « chose monstrueuse » vous attriste. Ces cris résonnent dans toute la grotte. Lorsque son petit créateur la pose sur l’établi, et avant que vous ne réagissiez, la chose claudique, tombe de la table de travail et s’écrase sur le sol. Désarticulée, baignant dans une petite flaque de sang, elle est maintenant entourée de plusieurs de vos créations qui affichent l’étonnement le plus total en vous regardant.

    Étonné, vous l’êtes aussi, car pas un modelage ne prend vie sans que vous ne le sachiez pertinemment viable. Or cette fois-ci, votre dernière création avait elle-même créé une créature, monstrueuse celle-là, et lui avait donné vie sans se soucier de lui fournir les fonctions vitales de base. Une créature qui crée… et mal en plus, c’était le bouquet.
    – Bon laisse moi maintenant, lui dites-vous agacé, j’ai à faire.
    – Non non non, pas question, vous dit-elle. je reste pour te corriger. Tu as l’air bien maladroit.

    « Contrarié », votre sang ne fait qu’un tour et vos yeux déjà bien rouges au naturel s’emplissent de colère. D’un geste rasant au dessus de l’établi, comme pour attraper une mouche endormie, vous éjectez le bipède hors de votre zone de travail. La force quelque peu disproportionnée dont vous usez, la fait littéralement exploser contre le mur comme une femelle moustique gavée de sang. Il existe une différence cependant… les moustiques sont utiles, eux.

    Vous entendez alors la mini assemblée qui vous observait, manifester sa joie d’une seule voix :
    – Et bim !

    Après avoir essuyé vos pattes, vous vous frottez la truffe et lissez vos grandes oreilles. Et alors que vous sortez vous aérer un peu, vos moustaches frémissent au vent… vous avez besoin de grignoter une ou deux carottes histoire de vous détendre un peu.

    Ah et puis, il faudra penser à créer une forme de vie à votre image, ça vous amusera probablement beaucoup !

    Eclairée par le soleil levant, une plaine d’herbe verte et lumineuse s’étend devant vous, gonflée par endroit de quelques monticules fleuris. Elle est parcouru des frémissements du vent matinal de cette nouvelle journée. Cette moquette végétale est parsemée de pâquerettes dodelinant des pétales. L’astre du jour à travers un ciel bleu sans nuage, darde ses rayons sur vos cheveux blancs et soyeux. Une multitude d’animaux en tout genre gambade joyeusement.

    Debout devant l’entrée de votre grotte, vous regardez ce spectacle frais et bucolique tandis qu’un troupeau de minuscules chevaux sauvages vous passe entre les sandales. Un brachiosaure au loin vous observe, une certaine bienveillance dans le regard, tandis que plusieurs de ses congénères broutent paisiblement les feuilles si délicates de ces arbres qu’ils affectionnent. Des oiseaux multicolores vous saluent de leurs sifflements mélodieux. Oui, vous les comprenez et ils vous remercient tous d’être là.

    La brise légère et fraîche caresse vos oreilles. En cette heure matinale, ce souffle léger fait remonter dans votre estime la chaleur tremblotante des torches de l’antre ou vous avez élu domicile.

    L’habitat qui semble avoir été creusée et que vous avez choisi pour passer la saison n’est pas très spacieux. Il laisse cependant suffisamment de place pour votre literie douillette et votre espace de création. Vous avez trouvé dans un recoin, la place pour poser votre établi et vos blocs d’argile. Ce dernier lieu se trouve bien sûr loin du vent de dehors, car et c’est primordial, seul votre souffle doit envelopper vos modelages. C’est d’ailleurs un passe-temps si ancré en vous, que sans y penser vraiment vous retrouvez un morceau de cette terre si malléable entre vos doigts, à subir quelques pressions de vos gestes habiles. Une forme animale vient rapidement remplacer celle, chaotique qui était posée sur l’établi il y a encore quelques secondes.

    Un membre, deux, trois puis quatre. Pourquoi pas un cou et des cheveux… ah mince, vous réalisez que c’est encore un cheval qui se matérialise sous vos yeux. Mais qu’à cela ne tienne, vous ajoutez un second torse, puis deux membres supplémentaires sans oublier sa tête, son système respiratoire, nerveux, sanguin. Puis le portant à vos lèvres, vous soufflez avec amour sur ce nouvel être.

    Doucement, la matière délicatement travaillée est entourée d’une myriade d’étoiles tandis que des tressaillements la parcoure. Vous posez cette nouvelle créature que vous nommez « Centaure », avec précaution sur le sol. Elle vous observe un instant en inclinant la tête sur le côté, plie une jambe et vous salue d’une révérence avant de s’éloigner en trottant. Elle bat maintenant des mains pour attirer l’attention de ses tout nouveaux camarades. Le comportement de la créature vous intrigue. Princier et joueur, il s’est mêlé aux autres avec une telle facilité que… et si ?

    Après avoir lissé votre moustache, c’est une autre poignée d’argile que vous malaxez maintenant, et une nouvelle vie s’anime à nouveau. Mais vous n’êtes pas satisfait et les êtres se succèdent : tantôt rampants, tantôt volants mais pas assez… ou trop… Puis c’est l’éclair de génie, la pensée qui change tout. Un autre morceau de cette terre si spéciale atterrit prestement au bout de vos doigts et sous vos actions expertes, elle se transforme en quelques instants. La créature que vous inspire le centaure est d’une forme que vous n’avez encore jamais tentée.

    C’est un bipède cette fois.

    Vous le définissez comme un lémurien mais avec des yeux plus fins. Vous le dotez d’une peau similaire à celle des dauphins afin qu’il soit à l’aise sur terre et dans l’eau. Puis vous privilégiez cette fois la station debout.
    Vous allez aussi essayer de lui donner un peu plus d’esprit que les autres… pour voir. Tout en soufflant doucement sur sa tête, plutôt que sur le corps, comme pour les autres, vous tentez de lui insuffler une part de votre esprit, mais pas trop, c’est juste pour voir.

    Lorsqu’elle commence à s’animer une chose vous choque là, tout de suite. Elle s’observe elle-même, se détaille de pied en cape. Vous la posez alors au bord de l’établi où elle s’assoit en vous regardant, d’un air amusé.
    – Salut, tu es qui toi ? demande-t-elle.
    Surpris de cette interpellation vous répondez un peu décontenancé :
    – Je ne sais pas, que veux-tu dire. C’est étonnant, tu t’exprimes plutôt bien.
    – Ca me surprend aussi je dois dire. Tu fais quoi là ? vous demande-t-elle.
    – Je m’adonne à mon passe-temps favori, le modelage. J’anime de l’argile que je façonne de diverses manières.
    – Suis-je aussi de l’argile ?
    – Oui.
    – Tu veux dire que c’est à toi que je dois d’être là ?
    – Bien sûr, toi et tous les autres. Je vais te montrer, lui dites vous en saisissant un bout d’argile.
    Tout en la surveillant d’un œil, et plutôt amusé d’avoir quelqu’un à qui parler, vous formez rapidement un oiseau que vous animez. Celui-ci s’envole, déployant ses petites ailes rougeoyantes en vous sifflant ses remerciements.

    Les yeux écarquillés, la petite créature parlante est maintenant debout. Curieusement, elle vous semble un peu plus grande que tout à l’heure. Elle sautille près de vous :
    – Ca à l’air facile, je veux essayer, dit-elle en tendant les bras vers vous. Je parie que je fais mieux que toi du premier coup.

    Vous n’avez pas le temps de refuser ou d’écarter les tas de matière première, que la créature extrait un petit morceau de votre « terre de vie » et commence son ouvrage. Vous la laissez faire, curieux de voir le résultat.
    Elle s’active, tire, tord, malaxe, enfonce, appuie pour obtenir au final une forme… sans forme. Et la voilà qui, comme vous, souffle sur sa réalisation comme vous le faites habituellement. L’être qui s’anime ne peut bien évidemment pas se tenir debout car le centre de gravité n’est pas au bon endroit et les points d’appuis sont trop différents. Les yeux ne sont pas finis et ses cris sont plaintifs.
    C’est la première fois que vous assistez à ce spectacle et l’attitude de cette « chose monstrueuse » vous attriste. Ces cris résonnent dans toute la grotte. Lorsque son petit créateur la pose sur l’établi, et avant que vous ne réagissiez la chose claudique, tombe de la table de travail et s’écrase sur le sol. Désarticulée, baignant dans une petite flaque de sang, elle est maintenant entourée de plusieurs de vos créations qui affichent l’étonnement le plus total en vous regardant.

    Etonné, vous l’êtes car pas un modelage ne prend vie sans que vous ne le sachiez pertinemment viable. Or cette fois-ci, votre dernière création avait elle-même créé une créature monstrueuse et lui avait donné vie sans se soucier de lui fournir les fonctions vitales de bases. Une créature qui crée… un comble, et mal en plus, c’était le bouquet.
    – Bon laisse moi maintenant, lui dites-vous agacé, j’ai à faire.
    – Non non non, pas question, vous dit-elle. je reste pour te corriger. Tu as l’air bien maladroit.

    « Contrarié », votre sang ne fait qu’un tour et vos yeux déjà bien rouge au naturel s’emplissent de colère. D’un geste rasant au dessus de l’établi, comme pour attraper une mouche endormie, vous propulsez le bipède hors de votre zone de travail. La force quelque peu disproportionnée dont vous usez, la font littéralement exploser contre le mur comme une femelle moustique gavée de sang.
    – Splash !
    Il existe une différence cependant… les moustiques sont utiles, eux.

    Vous entendez alors la mini assemblée qui vous observait, manifester sa joie d’une seule voix : « Et bim ! »

    Après avoir essuyé vos pattes, vous vous frottez la truffe et lissez vos grandes oreilles. Et alors que vous sortez vous aérez un peu, vos moustaches frémissent au vent… vous avez besoin de grignoter une ou deux carottes histoire de vous détendre un peu.

    Ah et puis, il faudra penser à créer une forme de vie à votre image, ça vous amusera probablement beaucoup !

  • Le Woaaaa primordial

    Le Woaaaa primordial

    D’un côté, dans le silence écrasant de l’espace, une galaxie étincelante traverse l’espace sans que rien ne puisse la retenir. D’un autre côté, après avoir absorbé la quasi totalité de la matière de l’Univers, le dernier trou noir tente d’attirer vers lui et donc vers sa fin, sans faiblir, ce dernier objet cosmique à sa portée. Il se trouve que pour une galaxie, la fin est justement ce gigantesque soleil noir qui tournoi sur-lui-même, absorbant tout, lumière comprise. La dernière galaxie n’en réchappera pas.

    L’incontournable se produit donc.
    Dans le silence le plus total, et en moins d’un milliard d’années, la dernière étoile de cette dernière galaxie est engloutie. Il ne reste rien de son existence, pas même une particule de lumière, elle aussi pris au piège du trou noir. Rien n’est plus massif que lui désormais. Et pour cause, il n’y a plus rien d’autre.
    Les 4 forces fondamentales n’en font désormais plus qu’une.
    L’Univers à ce moment précis est en équilibre parfait.

    Le trou noir est « Tout » !

    Mais maintenant que « Tout » existe, il a du mal à garder son contrôle. Ce manque de maîtrise provoque l’étape suivante. Trop lourd pour se contenir lui-même il se recroqueville, s’effondre. Sa taille diminue mais pas sa masse. Cet effondrement provoque le déséquilibre. Le négatif devient alors positif, le positif négatif et l’explosion a lieu.

    Le battement de coeur universel suivant.

    L’immense masse de matière jusqu’alors comprimée en un endroit unique, éclate soudain dans un Grand Bang.
    Dans cette déflagration ou « Tout » éclate, les éléments rejetés par la violence de l’évènement se mélangent déjà, s’arrangent, s’organisent à nouveau dans des millions de combinaisons. Ces « essais » ne donnent bien souvent que des chimères éphémères mais dans certains cas des… « matières » se forment : on les nommera plus tard oxygène, carbone ou mieux, minéraux, gaz ou matière noire.

    C’est la violence de l’explosion elle-même qui engendre l’accident, l’inattendu. Dans un nuage de gaz aux couleurs chatoyantes, une suite de chocs électro-magnétiques provoqués par la tension qui règne dans cette jeune « atmosphère » de chaos ultime, provoque une chose très étrange.

    Un éclair qui ne devrait contenir que des photons et quelques éléments chimiques transporte une… information. Celle d’un mouvement.

    Cette information isolée disparaît aussitôt. Quelques… choses plus tard, le nuage de gaz coloré est prit d’un autre spasme électrique qui transporte une autre information encore plus étrange. Une perception. Mieux c’est la perception du froid de l’espace. Les éclairs ne semblent plus vouloir quitter la zone. Le nuage de gaz s’étend, devient plus grand, rencontre plus de matières, provoque plus d’éclairs, transportent plus d’informations.

    Puis la somme d’informations accumulées fait naître autre chose. Des « sensations » naissent, dont celle surprenante de sentir les éclairs se frapper soi-même… en tant qu’entité.

    La sensation de sentir les éclairs parcourir se « Soi-même » est joyeuse et précède la plus belle des sensations, l’émerveillement. Le « Soi-même » tendu vers le spectacle de cette matière propulsée dans toutes les directions, mélange de gaz, d’éclairs et de couleurs, dévore avec avidité de ces nouvelles « capacités », ces nouveaux sens, ce paysage fantastique créé il y a si peu de… « temps ».

    Un autre éclair véhicule alors la première pensée, la seule véritable pensée pure, celle de l’enfant devant un évènement unique et somptueux : « Woaaaa ! ».

    Sources : www.jmmasuy.net, www.zmescience.com

  • Jeu d’esprit

    Jeu d’esprit

    Pour ne pas faire mentir ma baseline (la création sous toutes ses formes), il faut aussi que je vous fasse part de mes tentatives d’écritures qui furent nombreuses.

    « Jeu d’esprit » est mon premier essai (sous le pseudo de Forge) de participation à un concours littéraire (qui n’a rien donné d’ailleurs… snif) qui eu lieu en juillet 2004 : le prix littéraire Alain Decaux de la francophonie.

    « La réussite de l’être humain est due en partie à sa faculté d’utiliser les informations qu’il mémorise. »

    Cela faisait des mois que Marc réfléchissait. Des jours que sa planche à dessin le narguait. Et là, maintenant à court d’idées, il ne lui restait que ses croyances pour l’aider. L’une d’elle prenait appui sur la connaissance de soi : l’auto-hypnose. Elle lui servait à plonger au fin fond de lui même pour en sortir les créations les plus folles. C’était bien souvent la règle numéro un de cette méthode d’autosuggestion, qui l’aidait le plus : l’idée du mouvement créée le mouvement. Malheureusement jusque là ça n’avait rien donné.

    La tête entre les mains il cherchait l’idée… se concentrait sur LE moyen, le seul qui ferait de cette invention, une révolution pour l’homme. Leonardo, au 16ème siècle s’y était déjà essayé sans grand succès et depuis, des milliers d’hommes étaient morts pour ce rêve avec toujours ce même constat : une structure encombrante et l’obligation de partir des hauteurs, et ça… ça le rendait furieux.

    – (Téléphone) La première sonnerie ne reteint pas du tout son attention.
    – (Téléphone) A la deuxième, il émergea de ses pensées et (Téléph…) décrocha d’un geste lourd, tandis que la voix de son ami d’enfance le hélait.
    – « Marco ? Salut c’est Fred. Je crois que j’ai trouvé la solution », dit-il enthousiaste. « Rejoins moi sur la falaise, je te ferais une démo. »
    – « Ecoute, je n’ai pas trop envie. Tu sais, tous sont partis d’en haut, et ton rendez-vous sur la falaise va dans le même sens, je me trompe ? Pourquoi la « Pointe de l’ Epée » et pas le champ du vieux Gérard, en plaine ? »
    – « Eh bien, c’est sans doute perfectible » dit Fred hésitant, « mais je veux assurer le coup. Allez vieux, fais moi plaisir et sors de ton grenier ».
    – (Raccroche)

    Marc était renfrogné. Quant on lui forçait la main, ça le braquait mais Fred avait l’air bien avancé dans ses travaux et la curiosité fût la plus forte. Il ne lui fallut que quelques minutes pour boucler son appartement et se mettre en route.

    Le chemin qu’il avait à faire jusqu’à la falaise n’était pas très long et il lui fallut peu de temps pour atteindre cette curiosité locale qu’était la « Pointe de l’ Epée ». Ponton naturel, cette embarcadère de rochers dominée la mer de plus de 200 pieds, fendant les vagues sur plus de 150. Fred, qui l’avait toujours suivi dans ses projets même les plus hasardeux, avait choisi cet endroit pour effectuer sa démonstration. Il avait d’ailleurs chaussé son attirail en l’attendant.

    – « Je suis prêt amigo, dit-il en écartant les mains, dévoilant ainsi les toiles qu’il s’était cousu sous les bras. Je vais t’en mettre plein la vue » s’écria-t-il en courant vers la mer. Et avant que Marc n’ait le temps d’ajouter quoi que se soit, son acolyte bondit de la Pointe comme d’un plongeoir.

    Il s’élança en écartant les bras. Le vent s’engouffra dans la toile tendue et emporta le jeune aventurier. Le tissu se gonfla, lui dessinant deux omoplates géantes dans le dos, tout en le portant vers le haut… il volait. Mais la puissance des forces de la nature surpris Fred. Il perdit le contrôle de sa combinaison d’homme volant et vrilla sur le côté, se retournant comme une plume dans un courant d’air.

    Marc continuait d’observer la scène anxieux. La toile se déchira soudain. Un bruit dont la signification n’échappa à aucun des deux compères dont les regards se croisèrent une fraction de seconde. Compréhension instantanée de l’horrible suite des évènements : l’homme oiseau venait de perdre ses ailes.
    Les tourbillons aériens le jetèrent contre la paroi rocheuse. Le bruit de l’impact fût à peine audible, couvert qu’il était par le rugissement des vagues s’échouant contre l’Epée. La chute chaotique du corps se poursuivit et se termina sur les récifs, fixés du haut par son ami, sous le choc.

    Ce dernier était horrifié, car il avait sous les yeux la dépouille sanglante de son ami. Sa tête était dans une position qui ne laissait aucun doute sur l’état de Fred. Tout avait été si vite qu’il n’avait rien pu tenter. Les larmes lui coulaient à présent le long des joues. Sa vue se brouillait. Il avait le coeur serré.

    Mais d’un coup, se souvenant de ces séances d’autohypnose tout devenait clair, limpide, évident… c’était si simple.

    – « Monsieur Da Vinci n’aurai jamais réussi », se dit-il, « et toi non plus mon pauvre Fred, car l’idée du mouvement créé le mouvement. Seul l’esprit peut atteindre le rêve. »

    Il laissa sécher sa tristesse au vent du large, ferma les yeux et au bord de la falaise, cette Pointe de l’Epée qui s’était avérée meurtrière, ses pieds quittèrent le sol sans un mouvement, pour ne plus jamais s’y poser.